Le sport, l’école de la vie

Le sport est dépassement de soi. Le sport est école de vie. – Aimé Jacquet, entraîneur international français

Le sport est trop souvent vendu comme étant seulement bénéfique pour la santé, pourtant les valeurs morales apportées sont tout aussi importantes. Le sport nous enseigne des leçons de vie qui nous suivent tout au long de notre quotidien.

Etant athlète depuis 15 ans au club de l’ASSOA Athlétisme,  je souhaite aujourd’hui parler des enjeux du sport dans la vie des plus jeunes. Pour cela, je suis allée interroger des sportifs de mon entourage, de tout niveau, afin d’avoir leurs ressentis et expériences, car des témoignages, ici, auront plus de valeurs que des études.

J’ai choisi ce thème car j’ai baigné dans ce domaine depuis toute petite, où le sport a toujours été une affaire familiale : basket-ball, handball, athlétisme et gymnastique, nous étions tous inscrit dans un club et aujourd’hui, nous en ressortons tous grandis de ces expériences.

Qu’apprenons nous alors ?

Faire du sport c’est montrer une régularité, prendre soin de soi, ne pas se laisser aller mais faire attention.

Mens sana in corpore sano

Sur le point de vue de la santé, le sport est ce qu’il y a de mieux pour tous, cela renforce le cœur, régule la tension, accroît le capital osseux, préviens des problèmes articulaires etc.
Et sur le point de vue morale, la liste est tout aussi complète.
Le sport nous apprend à être régulier, sérieux et motivé, pour pouvoir maintenir un certain niveau de performance et ne pas se laisser distraire de nos objectifs.

Les athlètes apprennent aussi à gérer leurs émotions : face à des exercices compliqués où la répétition et la motivation sont les seuls facteurs qui peuvent nous faire progresser, il faut apprendre à échouer plusieurs fois avant de réussir; savoir faire face à des adversaires plus fort que soi sans pour autant se décourager, et à partir de ce sentiment, essayer d’y puiser une motivation plus forte, se donner comme objectif de faire mieux que les autres, sans pour autant tomber dans une spirale où l’on se compare sans cesse aux autres athlètes. Tant de subtilités qui renforcent le caractère de chaque sportif.

Edwige Gomis, 21 ans, étudiante en soins infirmiers, athlète depuis ses 6 ans et actuellement championne de France indoor de triple saut, m’explique comment elle se motive pour réussir une séance qui ne se passe pas comme prévu :

« Quand tout va mal durant ma séance, pour être honnête, sur le coup, ça me prend la tête et ça m’énerve. Mais j’écoute les conseils du coach pour essayer de faire mieux et j’essaye aussi de me poser, de me calmer pour recommencer l’exercice en me concentrant.  » (Edwige Gomis)

Et quand tout va mal ? Quand on enchaîne blessure sur blessure ou que les résultats ne sont pas au rendez-vous ? 

Il faut aussi savoir prendre du recul sur la situation, savoir quand il faut faire une pause dans son sport, se soigner correctement, pour pouvoir reprendre plus tard, avec un état d’esprit plus calme et prudent plutôt que de se forcer et s’obstiner. Le coach est là pour nous guider vers la voie qu’il considère la meilleure, mais la décision finale est prise par l’athlète, car lui seul sait véritablement ce que ressens son corps à l’instant T.

La persévérance, le chemin à suivre

Pour réussir dans son sport et même dans la vie, la persévérance est le sentiment le plus fort qui puisse nous animer lors de l’accomplissement de notre projet. C’est ce que m’explique Ludovic Besson, décathlonien de 21 ans, Vice champion du monde 2015 dans sa discipline et détenteur de plusieurs titres nationaux sur le décathlon et heptathlon :

« Le décathlon prône la persévérance : le décathlon est une épreuve difficile tant physiquement que moralement, elle dure sur 2 jours avec 10 épreuves à réaliser, donc on est plus sujet à des abandons ou des pertes de motivation en plein milieu des compétitions. C’est vraiment à ce moment-là que la persévérance représente le mieux les épreuves combinées, car il faut se battre contre ses pensées négatives et aller de l’avant. » (Ludovic Besson)

Rivalité, un mal pour un bien ?

Le sport nous apprend à écouter son corps et ainsi à se respecter, mais aussi à respecter les autres. On finit souvent par sympathiser avec nos adversaires contre qui nous sommes souvent en concurrence, car la rivalité nous rapproche. Pour mieux comprendre cette notion, j’ai demandé à Théa Poulain, athlète depuis ses 7 ans, ancienne combinarde reconvertie aux 400m haies, de nous expliquer ce qu’elle pensait de la rivalité entre athlètes :

« Avoir des adversaires permet de se forcer à aller plus loin pour battre nos concurrents, ça nous apprend à toujours nous dépasser, mais aussi à se dépasser soi-même. Avoir des adversaires nous apprend aussi à se respecter les uns les autres. Le seul point négatif serait que la rivalité pousse certaines personnes à commettre des actes antisportifs… » (Théa Poulain)

Elle nous explique aussi que la rivalité peut parfois nous amener de belles rencontres :

« à force de se voir régulièrement pendant des années, on a pu voir l’évolution tant sportive que personnelle de nos adversaires, et au fur et à mesure, des complicités se sont créées. Le fait de se fréquenter régulièrement tous les weekends dans la saison sportive nous rapproche énormément.» (Théa Poulain)

Le sport nous apprend aussi à être fair-play,  à se soutenir dans la victoire comme dans la défaite. Récemment, une amie à moi (qui était mon adversaire durant mon concours) s’est blessée au 2ème essai de longueur, je l’ai alors soutenu et réconforté, et j’ai attendu le staff médical à ses côtés. Puis j’ai fini mon concours, avec comme fidèle supportrice, cette même amie ! Le soutien, l’entraide, la compréhension et la compassion sont importants si l’on souhaite passer des compétitions dans de bonnes conditions.

Sport individuel et collectif, le même combat

Les sports d’équipes, une relation plus forte

Il est vrai que les sports collectifs renforcent beaucoup plus l’esprit d’équipe, car on est entourés de partenaires qui sont là pour nous soutenir peu importe la tournure du match. Ainsi, chaque membre de l’équipe est indispensable pour pouvoir avancer dans la saison, et cet aspect est souvent plus plaisant chez certains sportifs, comme Tom Clément, 19 ans, basketteur au club de Persan Beaumont :

« Je préfère le basket-ball au tennis, car lorsque je perdais un match de tennis, je m’énervais car je savais que c’était de ma faute alors qu’en équipe, on se partage la défaite comme la victoire. Les sports collectifs, c’est aussi développer une stratégie et préparer un match tous ensemble, c’est tout un état d’esprit. » (Tom Clément)

La différence entre les deux termes se joue essentiellement sur la compétition : soi les résultats dépendent d’une personne (et encore…) ou alors de toute l’équipe. Malgré cette définition, n’importe quel sport individuel attache les mêmes valeurs morales que les sports collectifs. Lors des entrainements, pour les sports dits individuels, les athlètes s’entraînent très souvent en groupe, selon leurs spécialités, ce qui crée des liens et affinités, mais aussi une certaine rivalité. De l’autre côté, nous avons les sports collectifs, où les uns dépendent des autres, mais la carrière individuelle est tout aussi importante, car si l’un d’eux n’est pas en forme, c’est l’équipe entière qui est touchée. De plus, les transferts vers d’autres équipes forcent les athlètes de sports collectifs à s’améliorer aussi bien dans les performances individuelles que collectives.

« Faire un sport collectif m’a permis de me faire des vrais amis, de tisser des liens forts et de développer un esprit de solidarité, alors qu’en sport individuel, tout est très « individualiste ». Dans mon club de basket, on se connaît tous et on se voit fréquemment. Le lien est renforcé car nous dormons même ensemble lors de déplacements pour des tournois, mon équipe est, pour moi, comme une 2ème famille. » Mickaël Weber, 16 ans, basketteur à Cergy-Pontoise depuis 9 ans et ancien athlète à l’ASSOA Athlétisme.

« Les sports individuels rendent les athlètes arrogants… »

Dans les sports individuels, les résultats ne dépendent que de ce que l’athlète réalise le jour J à la compétition, on pourrait donc croire que lui seul est responsable de sa performance. Pourtant, derrière chaque athlète, quel que soit son niveau, se cache une ribambelle d’efforts et d’acteurs jouant à la réalisation de cet accomplissement.

« L’athlétisme est peut-être un sport individuel sur la piste, mais il est loin d’être un sport individuel au niveau de l’organisation et des entrainements, car il faut des personnes autour de nous pour organiser les séances, gérer une carrière d’athlète : on a donc une « équipe », c’est comme ça que je les appelle, qui est constituée de mon coach, des kinés, des médecins etc. Donc, certes on est seuls sur la piste, mais on est beaucoup plus qu’une seule personne à gérer une carrière d’athlète de haut niveau. » (Ludovic Besson)

Parmi les acteurs de notre projet, nous avons  nos partenaires d’entrainement, ceux avec qui (ou contre qui) nous courons à chaque séance. S’entrainer en groupe développe de l’entraide, une cohésion, mais aussi nous pousse à nous dépasser les uns les autres, surtout lorsque des paris sont lancés !

« J’aime beaucoup mon groupe d’entrainement, ils sont devenus des amis dans ma vie. Le sport nous aide à être bien dans notre corps mais aussi à se défouler, faire le vide dans la tête, penser à autres choses qu’aux problèmes personnels ou à notre vie scolaire. Avoir un bon groupe d’entrainement c’est aussi beaucoup s’amuser et on ne se sent pas obligé de s’entrainer.  » (Mattéo Clément)

Nos partenaires d’entrainement finissent souvent en bon ami dans la vie et nous pouvons partager nos expériences même en dehors du domaine sportif, comme le témoigne Mattéo Clément, 22 ans, étudiant en master Génie Civil et nageur depuis 9 ans.

J’ai déjà eu l’occasion de m’entrainer à plusieurs reprises, seule avec ma coach, parfois cela peut être bénéfique pour pouvoir se concentrer sur soi-même, mais souvent on ressent comme un manque. Les entraînements ne sont pas là que pour améliorer sa condition, mais aussi pour évacuer le stress de la vie quotidienne, se débarrasser, le temps d’une soirée, des maux de la journée.

Pour poursuivre sur les acteurs, nous avons tous ceux qui nous encouragent, qui nous supportent : la famille, les amis, le club (je vous conseille de participer au moins une fois à des Interclubs, l’ambiance y est magique), vos collègues de travail, votre chat, bref chacun d’entre eux, sont là pour vous, et lorsque vous réussissez, tous sont heureux et fière de vous, et dans la défaite, ils seront aussi là pour vous remonter le moral.

Last but not least, le coach : il est indispensable à chaque sportif. Il est notre responsable, il nous cadre, nous conseille, nous prépare des séances, mais nous rassure aussi, nous encourage, nous défend et nous réconforte. Il est toujours, ou très souvent, à nos côtés et la plupart des jeunes athlètes ont une confiance absolue en leurs coachs. Une relation de confiance nécessaire pour réaliser une bonne saison sportive voire une carrière, à long terme. J’ai alors demandé à Mattéo Clément ce qu’il pensait du rôle de son coach et quelle relation entretenait-il avec :

« Avoir un coach te permet de te dépasser, il n’est pas forcément là pour être ton ami mais il peut le devenir. Il doit être à ton écoute, et entre ton groupe d’entrainement et le coach, vous ne devez faire qu’un. Ainsi, pour que cela fonctionne, le coach doit être à la fois exigeant mais aussi à l’écoute. Auparavant, j’avais une relation plutôt sportive avec mon coach, mais aujourd’hui, elle est devenue plus amicale que sportive, car le sport a pris une dimension secondaire dans ma vie, à cause de mes études. » (Mattéo Clément)

Mes études ou mon sport ?

Cette question pourrait paraître logique pour certain, mais pour beaucoup de sportifs, la réponse n’a pas toujours été évidente au premier abord.

« Comment fais-tu pour t’entraîner autant de fois dans la semaine et gérer tes études ? »

S’entraîner c’est aussi savoir choisir ses priorités. Beaucoup d’étudiants choisissent de délaisser leurs sports afin de mieux se concentrer sur leurs études : tout miser sur son sport est un gros risque, car très peu ne vivent que de leurs sports.  Ce constat est flagrant dans les catégories d’âge correspondant aux années des études supérieures, car continuer nécessite de bien organiser ses journées pour pouvoir assurer des résultats tant du côté sportif que scolaire. Les journées sont souvent longues et remplies : études toute la journée poursuivies par un entrainement chaque soir, et des révisions dans la soirée pour revivre la même journée mouvementée le lendemain. Pour les meilleurs sportifs, des horaires aménagés sont mis en place, afin de permettre aux plus jeunes de leur assurer un avenir professionnel au-delà du sport. De plus, des centres sportifs accueillent les pépites d’aujourd’hui afin de les aider dans la réalisation de leurs rêves.

« Avant de bénéficier des horaires aménagés, on peut dire que je « galérais » ! C’était difficile de concilier mes entraînements et mes études, surtout que j’avais beaucoup de trajets. C’était donc compliqué, car je devais mener de front mon statut d’étudiant et d’athlète, j’ai dû apprendre à bien gérer mes journées. Post-bac, je suis allé en sport-études, pas forcément pour me concentrer sur mes cours mais plutôt sur mes pratiques sportives. J’ai eu la chance d’avoir le soutien de mes professeurs qui ont soutenu mon projet et aujourd’hui, j’ai pu valider mon BTS avec succès.  » (Ludovic Besson)

Et pourtant, avoir ce quotidien mouvementé nous apprend à gérer notre temps, pour y caler nos compétitions et sessions de révisions, mais aussi des moments de détente avec la famille et les amies. Nous apprenons aussi à prioriser les tâches, et à prendre des bonnes décisions : parfois une bonne nuit de sommeil est plus sage que de regarder le dernier épisode de notre série préférée, ou de laisser la dernière part de pizza à son petit frère ! Ces décisions qui peuvent paraître anodines sont en fait, révélatrices de la maturité des plus jeunes et d’une réelle conscience des sportifs qui souhaitent réussir dans leurs disciplines.

Pour finir cet article, je pense que le sport est important dans la vie des plus jeunes, car il développe des aspects sociaux, moraux et physiques qui nous suivent tout au long de notre vie. Le sport, c’est beaucoup de rigueur, des sacrifices, mais c’est aussi de très belles rencontres, une histoire à vivre et à raconter.

9 Commentaires sur “Le sport, l’école de la vie

  1. Gille says:

    Je me retrouve dans cet état d’esprit étant baigné dans le sport collectif depuis mon enfance, merci pour cet article « de rappel » car avec le rythme de la vie, on oublie parfois cet esprit qu’on a déjà acquis. Merci

  2. Rakotoarison Aina says:

    Un article qui nous motive.Le sport doit faire partie de notre quotidien. Il ne suffit pas de le pratiquer,il faut savoir le vivre.

  3. Georges WEBER says:

    En tant que père de famille, je trouve votre article très intéressant et complet.
    Que ce soit des sportifs ou non, les jeunes pourront s’ inspirer de votre avis, des conseils et de tous ces témoignages.
    En faite c’est une vraie leçon de vie pour les jeunes, que vous partagez à travers votre article.
    Merci Arison WEBER.

  4. RAKOTOARISON says:

    Un article très intéressant,développant les expériences vécues par les athlètes dès leurs plus jeunes âges jusqu’aujourd’hui, et surtout l’impact positif de l’activité physique et sportive dans leur vie.

  5. Farhan Aïdo says:

    Ce sujet fort intéressant est traité sous ses aspects et illustré de témoignages de sportifs professionnels très convaincants. Il nous enseigne que la pratique du sport est le reflet de notre société.

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