Étudiant, salarié, entrepreneur : Comment et pourquoi rater une année de sa vie.

Étudiant, salarié, entrepreneur : Comment et pourquoi rater une année de sa vie.

Cet article est un retour d’expérience subjectif, cela signifie que ce qui y est dit n’a pas valeur de vérité absolue mais simplement de témoignage

 

Juin 2018, au sortir d’un DUT MMI, l’idée de continuer les études ne me plaît guère. Cependant, j’ai l’opportunité de rester dans l’entreprise m’ayant prise en stage si je choisis une formation en alternance. Poussé par mes proches et ma conscience me criant d’aller acquérir plus d’expérience, je décide de me lancer dans une dernière année d’études.

Ne le cachons pas, je n’ai jamais été un adepte du système scolaire, qu’il soit professionnalisant ou non, il ne me correspond pas. Cependant, cette année s’annonçait différente, les deux tiers du temps étant à consacrer à l’entreprise, j’avais trouvé un bon compromis. Me voilà alors devenu étudiant et salarié, je peux vous assurer que cela remplit déjà un planning assez chargé, ajoutez-y maintenant l’envie d’entreprendre et débutons ensemble cette nouvelle année qui sera, je vous l’assure, riche en rebondissements.

 

Étudiant

Étudier représente déjà une très grosse part du travail de cette année. Par chance, ma formation scolaire passée et mes apprentissages personnels m’ont donné une bonne longueur d’avance sur le programme. Attention, je ne dis pas que je savais tout faire ou que c’était facile, mais ayant de bonnes bases dans la plupart des domaines à étudier, je n’étais ni perdu, ni en retard, ce qui va être un avantage pour moi. Pour résumer très brièvement mon devoir d’étudiant ; une semaine sur trois est une semaine de cours, certains cours nécessitent un approfondissement sur notre temps libre afin de rendre des productions. Les projets majeurs s’étendant sur toute l’année sont : un projet de création en groupe (jeu de société cette année), un projet tuteuré et la mission entreprise.

 

Salarié

Être en apprentissage c’est devenir salarié d’une entreprise, ici 2 semaines sur 3 pendant un peu plus d’un an. C’est une expérience demandant bien plus d’implication qu’un stage et qui ouvre une porte vers le monde professionnel qui nous attend après les études. C’est un apprentissage fondamental car révélateur, il permet à l’étudiant en alternance de se découvrir et de découvrir ce qu’il aime faire ou non. Pour certains, ce sera un accomplissement, pour d’autres une remise en question. Cela permet aussi, au-delà du travail en lui-même, de découvrir la vie en entreprise. Ayant déjà eu un avant-goût par le passé de la vie en grande entreprise, j’ai préféré, pour mon alternance, me tourner vers une startup. Certes, c’est un choix risqué, mais je ne le regrette pas. J’ai eu autant d’expérience que dans n’importe quelle autre entreprise mais avec un plus grand sentiment de liberté et une meilleure intégration dans l’équipe.

 

Entrepreneur

Nous arrivons au point qui va chambouler cette année. Vivant ma vie d’étudiant et de salarié, j’ai très vite ressenti un manque. Le manque de création personnelle. Certes, mes rendus en cours ou au travail sont originaux et je suis libre de créer ce que je veux, mais ce ne sont pas MES projets. Depuis très jeune, ce qui m’anime, c’est de réaliser, de concrétiser les idées que je peux avoir : films, cours métrage, images, jeux-vidéos, textes, etc… Voilà ce qu’il manque à la vie d’un étudiant. Je me suis donc premièrement déclaré en tant qu’auto-entrepreneur afin de travailler sur des projets me permettant d’acquérir de l’expérience, de rencontrer des gens et d’économiser un peu d’argent pour développer mes propres projets. J’ai pu travailler avec plein de gens, et également trouver des « partenaires » réguliers avec qui je peux maintenant prévoir mes propres projets.

 

Jusqu’ici, tout semble sans encombre, alors pourquoi me direz-vous, pourquoi le titre « comment et pourquoi rater une année de sa vie » ? Imaginez-vous un jeune étudiant anxieux aménageant à Paris sans le sou, un étudiant plein d’appréhension car il n’est pas sûr d’avoir fait le bon choix pour sa nouvelle année. Imaginez-le bloqué entre ses devoirs d’étudier et de travailler en alternance et ses envies de créer par lui-même. Voilà pourquoi je me suis lancé dans ce challenge d’être, pour une année, étudiant, salarié et entrepreneur.

 

Comment rater une année ?

                J’estime cette année ratée car je n’ai pas accompli mes objectifs. Je n’ai pas mené à bien ma vie étudiante, non pas par choix, mais parce que j’ai cédé à la pression. Tout au long de cette année, j’ai placé mon devoir de salarié en premier, j’ai favorisé cette partie de ma vie car c’est elle qui liait le scolaire au professionnel. J’ai été très heureux dans mon entreprise et m’y suis épanoui. Cependant, cela m’a également fait réaliser que je ne voulais pas travailler en entreprise. Ma seconde priorité fut ma vie d’entrepreneur. Je l’ai dissociée en deux parties distinctes : ma vie de freelance et ma vie de meneur de projet. Ma vie de freelance m’a pris énormément de temps, elle m’a fait rogner sur ma vie scolaire, et sur ma vie privée. Ma vie de meneur de projet, elle, n’a eu que peu de place pour exister dans tout le reste. Je n’ai encore rien pu aboutir, mais j’ai pu commencer à développer quelques idées. Vient enfin ma vie scolaire. Tout au long de l’année, je l’ai négligé au profit de mes autres activités professionnelles. Je ne peux que regretter ce choix. J’ai ressenti pendant des mois et je ressens toujours un sentiment d’illégitimité à cause de mon choix. Le fait de délaisser cette vie m’a amené à penser que je ne méritais pas ma place dans cette formation et que mon comportement ne méritait pas de me faire obtenir le diplôme. Toutes ces pensées, additionnées au surmenage et à l’absence de vie privée, m’ont fait plonger dans la dépression.

 

Pourquoi rater une année ?

J’ai la chance dans mon cas, de considérer l’échec, bien que douloureux, comme bénéfique. Là où je l’estime bénéfique, c’est dans ma construction personnelle. Certes, ma vie étudiante fut un fiasco, mais j’ai le sentiment d’avoir appris tout ce que je devais apprendre par le biais de mes autres vies. Certes, ma vie d’entrepreneur ne fut pas aussi excitante que je l’imaginais, j’ai passé plus de temps à travailler pour les autres que pour mes propres projets, mais cela m’a appris à collaborer. Certes, ma vie en entreprise fut épanouissante et sans encombre, mais elle m’a appris que je ne voulais pas travailler en entreprise. Enfin, ma vie privée n’a pas eu de place pour exister. Je fus plongé, pratiquement toute l’année, dans un état de détresse émotionnelle à cause d’un trop-plein de travail et de sentiment de devoir. J’ai voulu tout arrêter à plusieurs reprises, repartir de zéro, mais je ne l’ai pas fait, et j’en ai tiré je pense, les meilleures conclusions.

Attention, je ne conseille ici à personne de rater volontairement une année scolaire, mais je ne regrette aujourd’hui plus mes choix. Cette année a été très douloureuse en tout point, mais elle m’a appris beaucoup de choses. La première et la plus importante, ne JAMAIS effacer sa vie personnelle au profit de sa vie professionnelle car croyez-moi, si vous n’avez pas de vie personnelle, cela affectera négativement votre vie professionnelle. Ensuite, j’ai appris que le monde de l’entreprise n’était pas fait pour moi, ce n’est pas ce que j’aime faire. J’ai appris à collaborer dans le but de réaliser de grands projets et j’ai bien sûr acquis beaucoup de nouvelle compétence.

 

Aujourd’hui, je sais ce que je veux faire de ma vie et je sais comment bien le faire. J’ai les compétences techniques, sociales et créatives pour réussir à concrétiser mes projets et je compte bien m’y atteler. Je ne souhaite à personne de vivre une année difficile, mais si cela doit se produire il est très important d’en tirer les bonnes leçons afin de réussir à se reconstruire et à avancer dans le bon sens. Après tout, comme a dit Winston Churchill : « Le succès, c’est se promener d’échecs en échecs tout en restant motivé. »

 

Cet article est un retour d’expérience subjectif, cela signifie que ce qui y est dit n’a pas valeur de vérité absolue mais simplement de témoignage.

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