Une nouvelle façon de penser le design

Entre l’envie d’avoir une maison instragrammable ou une garde-robe réunissant les dernières pépites des plus grandes marques et l’envie de réduire son empreinte carbone et sa consommation de déchets, le choix est dur… L’ère de la surconsommation est aujourd’hui à son paroxysme. Hugo Clément nous le fait bien comprendre avec ses reportages qui dénoncent des décharges pleines d’objets non recyclés au fin fond des pays d’Afrique.

Comment le design pourrait-il avoir sa place chez les écolos ?

Le design est indissociable de la révolution industrielle et des modes de consommation. La production en masse des objets n’a fait que participer aux plus grands dérèglements climatiques entraînant crises après crises. Le design se définit comme la création des nouveaux objets qui soient à la fois esthétiques et adaptés à leurs fonctions.

Et si design et écologie ne faisaient plus qu’un ?

L’éco-design intègre le développement durable dans la conception des biens et des services. Il vise à limiter par tous les moyens possibles l’impact de la production industrielle d’un objet du quotidien sur notre planète. Ses principes sont de créer dans le respect de l’environnement, de limiter l’empreinte écologique, d’utiliser moins et mieux les matières premières et de penser à des modes de fabrication non polluants. L’éco-design cherche à revenir aux bases de la création de produit dénonçant les abus de la société de consommation. Le designer cherche alors de nouvelles solutions plus respectueuses de l’environnement mais tout aussi belles et efficaces.

Il est difficile de penser que écologie rime avec esthétique. Pourtant, de plus en plus de designer prennent ce nouveau mode de conception au sérieux. C’est au milieu des années 90 que le mouvement va réellement émerger, notamment grâce à l’éco-designer Victor Papanek qui va consacrer sa vie à la promotion d’un design responsable pour la planète et la société. Il s’intéressait à tous les aspects du design ainsi qu’à leurs impacts sur l’environnement et les gens. Selon lui, le plus important aspect du design est sa relation avec les individus.

Aujourd’hui, les consommateurs cherchent à se tourner de plus en plus vers une consommation responsable, par exemple l’alimentation avec le bio et la réduction d’emballage plastique. Cette prise de responsabilité doit s’étendre à l’éco-design de façon globale.

La naissance d’une nouvelle consommation vient alors prendre tout son sens quand de nombreux designers se mettent à travailler avec les plus grosses marques internationales afin de limiter leurs empreints carbones et modifier leurs méthodes de production pour s’adapter à l’environnement.

Le designer français Yves Behar a aidé Puma à réduire son empreinte écologique en réinventant l’emballage de leur chaussure. Ses modèles seront désormais livrés dans un emballage minimaliste : une petite armature en carton léger pour protéger les chaussures et une enveloppe en tissu réutilisable pour les protéger de la poussière.

 

(emballage chaussures Puma par Yves Behar)

Avec une telle orientation, la marque annonce qu’elle réduira son utilisation de carton de 65%. Ce sont 8500 tonnes de papier qui seront économisées, ainsi qu’un million de litres d’eau et 10000 tonnes de CO2 de moins rejetées dans l’atmosphère, tout cela nécessaire à la fabrication du carton qui enveloppe encore les chaussures du Puma.

Considérée comme la deuxième industrie la plus pollueuse, le secteur du textile prend un tout autre tournant. Puma n’est pas le seul à se tourner vers l’éco-design. Allant bien plus loin que l’emballage qui reste la dernière chaîne de la production, de nombreuses marques voient le jour et se tournent davantage vers cette économie circulaire. Entre vêtements et chaussures 100% recyclés et recyclables, l’éco-design va se voir jouer un rôle majeur dans le respect de l’environnement dans les années à venir.

                        (exemple chaussures de la marque SAOLA)

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