Quel est l’intérêt de créer un personnage ?

 

                C’est sûrement une question stupide à première vue mais il s’agit d’un point presque essentiel à la construction d’une histoire, quelle qu’elle soit. Je ne vous ferai pas l’affront de mettre une définition brute, n’importe quel moteur de recherche est plus qualifié pour vous en donner à foison. Néanmoins, voici ma propre idée du personnage :

 

C’est ce qui nous permet de nous projeter dans l’histoire et celle du personnage, de nous y identifier ou d’adopter un point de vue différent du nôtre.

 

                Ayant fait mes petites recherches pour mes propres travaux, je vous partage ce petit guide pour écrire ou décrypter un personnage. J’y recense des points à aborder, des petits commentaires personnels avec des exemples de fictions connues de tous (à peu de choses près).

                Petit avertissement donc avant de commencer : je n’ai en aucun cas LA réponse absolue, ce sont des conseils que j’ai grappillé à gauche à droite et que je trouve pertinents. Ils sont bien entendu à moduler selon vos envies, votre méthode de travail ou même de vos nécessités.

Un personnage reflète VOTRE vision, il n’y a pas de « mauvais » personnage, juste des pièges qu’il faut éviter.

Enfin, si, mais ce sont surtout des mauvais traitements que nous verrons plus tard.

Ceci étant dit : place au mini guide de survie.

 

Par quoi on commence ?

Tout d’abord, voici 2-3 étapes où vous passerez forcément lors des croquis ou en cas de page blanche, ce sont quasiment les premières amorces que vous ferez – inconsciemment ou non – qui sont :

  • L’observation
  • L’observation
  • L’observation
  • Les recherches
  • Les feed-back

Non il n’y a pas de faute de frappe, c’est intentionnel.

L’observation donc, se base sur l’empathie : à quel point vous êtes sensible au monde qui vous entoure est une bonne qualité pour représenter vos personnages. Et cette qualité, il l’exercer sur ces exemples :

  • Des personnages fictifs déjà existant
  • Votre entourage / Des inconnus
  • Vous

Autant le dire tout de suite : vous n’aurez jamais le monopole sur tel ou tel personnage, il y aura toujours un autre personnage d’une autre fiction qui ressemblera, tant dans son design que dans son attitude à votre personnage. Ce sera son traitement et ses épreuves au sein de votre scénario qui ajouteront la petite touche. Exactement comme les gens dans la vie !

Ce n’est pas pour rien que les tests de personnalités faits lors d’une crise d’insomnie circulent toujours, on appartient tous – plus ou moins – à une ou des catégories.

 

                Jetez un coup d’œil aux films, séries, livres que vous appréciez et analysez ce qui vous attire ou vous agace dans les protagonistes. C’est aussi intéressant de voir le travail d’un professionnel ou d’un passionné, de trouver des modèles que vous pouvez réinterpréter.

 

(J’ai dit interpréter et non pas plagier. Copier un artiste est un bon moyen pour apprendre les bases en tant que débutant. Ce n’est pas un délit de vouloir apprendre, de trouver son style, personne ne naît avec un crayon dans la bouche. C’en est un si vous vous appropriez les efforts d’un autre en tant que VOTRE travail.

Je referme la parenthèse.)

 

Les arts books et les interviews de créateurs sont des petites mines d’or pour ceux qui veulent en apprendre plus sur le lore (= l’univers d’une fiction) d’une série. On y retrouve évidemment les intentions de l’auteur mais aussi ses inspirations, voir l’envers du décor peut être très enrichissant par rapport aux méthodes employées ou aux processus qui ont menés aux résultats finaux.

 

[ENG] Je n’ai pas retrouvé le reportage (en français) qui m’intéressait mais en voici un autre qui reprend l’idée générale.

 

                Pour en revenir aux inspirations : observez vos proches et résumez en quelques lignes / traits ce qui ressors, ce qui les différencie des autres personnes. C’est aussi un atout dans le sens où vous savez – globalement – les réactions qu’ils peuvent avoir face à telle ou telle situation et donc s’en inspirer.

 

J’aimerai vous dire d’utiliser les anecdotes que vous avez – MAIS – ce serait avec parcimonie, on peut très vite tomber dans des privates jokes (= compréhensibles que par vous et les personnes concernées) ou à un décalage avec l’action ou même le personnage. Ajouter de vraies anecdotes à un personnage ne le rend pas réel, exactement comme une personne n’est pas réduite à un unique stéréotype.

 

Pour les inconnus ce sera plus au niveau des designs pour ce conseil (à moins de connaître des inconnus… ?) c’est un moyen de faire travailler votre œil, que ce soit dans les formes ou les couleurs. Cela permettra d’ajouter de la variété dans vos personnages et éviter de faire des copier/coller au bout de 3 personnages dessinés.

 

 

                Et bien entendu, VOUS êtes aussi une source d’inspiration : la magnifique personne derrière cet écran !

Quand un auteur dit qu’il « met un peu de lui » dans ces personnages ce n’est pas de la demi-mesure. Une astuce est de prendre une de nos qualités ou défauts, de l’amplifier et de construire autour de cet axe : ce sera le cœur du personnage généralement.

Encore une fois, c’est un travail… d’observation ! (je vous ai dit que c’était important ?)

 

 

 

                Ensuite vient les recherches annexes, celles que vous êtes OBLIGE de faire car vous n’avez pas la science infuse (désolée de vous l’apprendre mais hey, moi non plus !). Je parle bien entendu de tout ce qui concernera les métiers, les hobbies, les peurs, etc… TOUT ce qui est « extérieur » à votre personnage et ne concerne pas sa personnalité directement.

 

Il ne faut – JAMAIS – écrire sur des aprioris.

C’est le seul moyen pour vous de se tirer une balle dans le pied et de rendre votre héros complètement en décalage avec son univers et/ou des autres personnages.

À moins que ce soit votre intention mais je vous renvoie au warning au début de cet article.

Et si on pouvait éviter de diffuser d’avantage de clichés, ce serait un gros plus ne serait-ce pour les lecteurs mais aussi pour les enjeux et/ou les communautés concernées.

Il est plus que recommandé de se renseigner auprès de professionnels ou de votre moteur de recherche préféré, ne serait-ce pour rester cohérent et éviter des bêtises comme celle-ci :

 « Elle enfourcha sa moto et amorça une roue arrière pour prendre de la vitesse. »

Primo : Les lois de la physique s’en retournent dans la tombe qu’elles n’ont pas.

Secundo : J’en suis l’auteur, j’avais 10 ans à l’époque, ne me jugez pas svp…

 

J’imagine qu’il est un peu inutile de le mentionner, mais on est jamais trop prudent : n’hésitez pas à chercher des tutos, des conseils d’autres artistes, que ce soit sur leurs réseaux sociaux ou leurs blogs. Eux aussi peuvent vous partager des tips et des tutos utiles, et cela vous permettra aussi de relativiser si vous vous inquiétez de votre « niveau » : on ne cesse jamais d’apprendre !

 

                Et enfin dernier point (non) : les retours.

C’est toujours important d’avoir du recul par rapport à ce que l’on fait, mais à force d’avoir le nez dessus, on finit par connaître son travail de A à Z et perdre toute objectivité et surtout toute logique. Un « bon » personnage se reconnaît facilement ou a un caractère qui est reconnaissable, tant dans son attitude que dans son langage. C’est un bon moyen pour savoir si votre personnage reflète bien l’impression que vous souhaitiez donner.

 

Alors, vous êtes boulanger c’est cela ?

 

Concrètement, qu’est-ce qu’on fait ?

Avant de se jeter directement à l’écriture de votre scénario, il est important de coucher sur le papier les grandes lignes de votre histoire, mais aussi des éléments clés, que ce soit l’intrigue ou – vous avez deviné – les personnages.

Un personnage peut-être défini par 3 grands axes : son caractère, son univers et son symbole, tout dépend de la représentation que vous souhaitez lui donner. Chaque partie s’influence peut vous aider à amorcer l’étape d’écriture de vos personnages ou de votre projet.

 

Le caractère
Un personnage reflète VOTRE vision, il n’y a pas de « mauvais » personnage, juste des pièges qu’il faut éviter.

Un petit air de déjà vu ? Tant mieux, j’ai peut-être une influence sur vous.

                Si vous êtes adepte des forums et de jeux vidéo, les notions de template ou de feuille de personnage doivent vous parler. C’est généralement une fiche que l’on crée pour notre avatar dans un jeu (Role Play et Role Playing Game / Jeu De Rôle pour les francophones) ou pour poser les bases de nos protagonistes principaux et secondaires.

Le but n’est pas de caser toute la vie de son héros sur 3 lignes, mais de résumer au mieux le personnage que vous allez incarner, et surtout : éviter les doublons. Si vous avez déjà un personnage avec le même but ou la même attitude, cela va vous permettre de faire un premier écrémage de ce que vous avez réellement besoin.

Généralement, cela suffit pour des personnages secondaires qui n’auront pas d’impact sur le scénario ou avec peu de lignes de dialogue, pour nos protagonistes, c’est une autre affaire.

Un exemple simple que j’utilisais sur des forums

 

Ensuite vient le moment où il faut détailler le plus possible son personnage.

Personnellement, j’ai un fichier word de 6 pages (avec de gros espaces blancs pour écrire et non pas 6 pages noires) coupé en 2 parties :

  •  textuelle –> infos générales, personnalité, biographie, relations, son implication dans l’histoire, son évolution
  •  visuelle –> description, attitude, expressions, éléments clés (pouvoirs, armes…)

Voire même une 3e partie que je n’ai pas utilisée jusqu’à maintenant parce qu’elle est assez… oubliable ? Mais je la garde au-cas où, on n’est jamais trop renseignés.

  • autre –> préférences (nourriture, couleur…) et cursus scolaire/professionnel

 

Ce sont des catégories assez larges, mais vous pouvez trouver des  questionnaires (ENG) plus complets ou qui sont orientés vers des genres spécifiques.

 

Je ne vais pas vous faire une liste des personnalités les plus méprisées (je vous laisse chercher les tops 10/30/100 sur YouTube pour ça) mais plutôt un tour d’horizon de ce qu’il faut éviter ou prendre en compte quand on commence à écrire un personnage.

 

                Ne pas avoir de notion d’équilibre

Quand on commence à écrire, on a tendance à avoir un petit côté parental vis-à-vis de nos héros : on les chouchoute, on leur donne de beaux habits, un confort haut de gamme,  des proches fantastiques, bref : on leur donne une vie de rêve. Le problème, c’est que ça n’intéresse personne. La plupart des lecteurs cherchent des dramas, des défauts, quelque chose qui nous lie au protagoniste ou qui nous donne envie de l’encourager. Ne avoir de juste milieu entre qualités / défauts rendent votre personnage totalement fantasmé et fait fuir les lecteurs, cela vaut aussi pour les clichés / stéréotypes. On appelle ces personnages des Marty Stu (ou Gary) pour les hommes et des Mary Sue pour les femmes.

 

                Oublier le cœur de notre personnage

Une fois dans le feu de l’action, on « oublie » ce qui fait la force du personnage, ce qui le force à accomplir sa quête. C’est pour ça qu’il est important de poser des bases simples : il faut savoir détacher les enjeux de la série des enjeux du personnage. Pour comparer, certaines personnes sont prêtes à tout pour accomplir leurs ambitions et à justifier leurs choix, c’est ce qu’il faut déterminer avec son personnage. Jusqu’à quel degré votre personnage est capable – ou non – de mener sa quête ? C’est souvent ce qui donne l’impression que le personnage n’est pas « lui-même ».

 

                Vouloir TOUT raconter

Cela provient surtout de l’auteur en lui-même : savoir gérer son écriture. Écrire n’est pas juste se poser et taper sur son clavier des mots qui se suivent dans un ordre logique. Le principal problème que j’ai pu rencontrer c’est de raconter absolument chaque détail concernant son personnage. Que ce soit dans son attitude ou dans son histoire. Par exemple « C’est une rebelle. » ou « Il a vécu au refuge toute sa vie. »  Je reviendrais sur ce point en détail plus tard.

 

                Cherchez des musiques pour vos personnages

Si vous êtes fans de jeux vidéo ou de films, essayez de trouver dans vos playlists ou au hasard des chansons qui peuvent coller avec l’humeur ou le thème de vos personnages. Cela peut vous aider à trouver leur goûts musicaux (pas que ce soit une grande aide personnellement) ou leur attitude : un personnage calme n’aura pas de Death Metal ou un antagoniste n’aura pas de René la Taupe en tant que thème principal (si c’est pour créer un décalage à la limite, mais personne n’aime cette horreur des années 2000).

 

                Petite info psychologie
Les personnages ne restent jamais « figés », ils évoluent toujours au cours du temps.

Quand un personnage nous plaît, c’est principalement parce qu’il représente des valeurs morales qui nous sont chères ou des traits que nous souhaitons avoir ; au contraire, les personnages que l’on déteste ont des défauts que l’on veut se débarrasser ou qui vont à l’opposé de nos convictions.

Évidemment, les antagonistes ne sont pas forcément des personnages que l’on déteste ou qu’il FAUT détester, cela dépend entièrement du protagoniste, du point de vue du récit ou bien des lecteurs.

 

Je ne vous donne pas d’exemples, n’importe quel héros qui vous vient en tête suffit à montrer par A+B les paragraphes précédents et aussi parce qu’il n’y a pas UNE vision d’un personnage (il suffit de voir les fans et les haters, c’est très réductif mais cela donne le ton).

 

 

L’univers

                C’est ce qui va fixer les limites de vos personnages, que ce soit dans un récit fantastique avec des sorts, des monstres, etc… ou réaliste avec la physique (qui n’a pas été respectée plus tôt), l’environnement social, économique et j’en passe. Le but n’est pas de vous contraindre par des « je peux / je ne peux pas » mais bien de vous aider à développer votre récit en vous posant les bonnes questions.

 

            Est-ce-que le genre que j’ai choisi colle avec mon intrigue et mes personnages ?

–> Ne pas faire de virement de situation en changeant d’un coup le genre du récit.

–> Faire en sorte que les personnages ne dénotent pas avec les autres protagonistes.

 

Exemples types à ne pas reproduire :
  • Un joli récit fantastique, tout va bien dans le pire des monde et d’un coup…! En fait c’était un rêve.

–> Un bon gros cliché qui pourrait causer des ruptures d’anévrisme à n’importe qui. Ne faites pas ça… 

  • Climat glacial ou hiver : ne pas vêtir correctement ses personnages.

–> Le personnage finit avec une pneumonie et 49° de fièvre parce qu’il n’avait pas mis de bonnet assorti à son bermuda… 

  • Ne pas respecter les époques, avec les personnages et/ou le monde.

–> Tous les personnages sont habillés dans un style futuriste mais un seul se balade en pantalon pattes deph et en chemise hawaïenne. A moins que ce soit voulu par le personnage, il faut penser qu’il doit bien les acheter quelque part, et donc, vendu en masse.

 

Des fictions en exemple :
  • Avatar, le dernier maître de l’air // Avatar, la Légende de Korra

–> Les personnages s’habillent en fonction de la tribu ou du continent où ils vivent et leur mode de vie est basé sur leurs maîtrises d’un des éléments (l’Eau, la Terre, le Feu et l’Air).

  • Les Simpson

–> Une série parodique de la culture américaine dans sa globalité mais qui garde les codes du cartoon (les couleurs, les déformations, etc…)

  • Harry Potter

–> Tous les personnages utilisent (majoritairement) la magie à travers leur baguette, pas de grimoire volant, de « feu » dans les mains. La baguette est une condition nécessaire à l’étude de la magie.

 

 

Excusez-moi, où est le Décathlon le plus proche svp ?

           

            Est-ce que c’est pertinent d’introduire tel changement dans l’histoire ?
–> A qui RÉELLEMENT ce changement profite-t-il ? Au protagoniste ou à l’auteur ?
–> Est-ce-que c’est l’unique solution pour cette situation ? Quelles seront les conséquences sur le reste de l’histoire et sur les personnages ?

 

On retrouve souvent ce contexte chamboulé (en bien comme en mal) dans des fanfictions (= des récits non-officiels créés par des fans qui reprennent un univers et/ou des personnages existants) où des « univers parallèles » sont créés à la manière d’un « Et si cela se déroulait à ___ ? » ou « Et si tel personnage était ___ ? ».

 

C’est un moyen scénaristique comme un autre mais encore faut-il ne pas en abuser. Ajouter de nouvelles conditions à chaque chapitre apporte une nouvelle lecture ou un twist intéressant, mais peut soulever des incohérences dans le pire des cas.

 

Exemples types à ne pas reproduire :
  • Des interventions divines sorties de nulle part (Deus Ex Machina pour les latinistes).

–> Tout le monde est mort et c’est trop triste ? Hop ! J’ai PILE le sort qu’il faut que j’aurais pu lancer 5 tomes avant, mais j’ai préféré le garder pour le happy ending ! Yay ! –> Déception totale.

  • Ajouter un personnage important au dernier moment dont personne n’a jamais entendu parler.

–> L’interrogation « Mais d’où tu sors toi ?! » est plus que légitime dans ce cas, un malus de -1000  s’il s’agit d’une Mary Sue ou Gary Stu.

  • Complexifier son histoire avec des voyages dans le temps.

–> Très intéressant quand c’est bien maîtrisé, très discuté quand des incohérences ou des paradoxes surviennent et cassent l’histoire. Personnellement, j’ai ces 3 théories en tête si un jour je veux m’y plonger. (ENG)

 

Des fictions en exemple :
  •  Kaamelot

–> C’est pas faux.

  •  Le Seigneur des Anneaux

–> Frodon est le seul à pouvoir porter l’anneau car n’importe quelle autre créature succombe quasi instantanément sous son emprise.

  •  Superman

–> La kryptonite permet à Superman d’avoir une faiblesse qui peut être plus ou moins exploitée par ses ennemis sinon ça serait moins drôle.

 

 

            Est-ce que mon personnage est en opposition ou en harmonie avec mon univers ?
–> Que ce soit physiquement (être dénué d’un talent omniprésent ou essentiel dans cet univers) ou spirituellement (tout ce qui est révolution sociale, politique, etc…)
–> Est-ce que mon personnage influe sur cet univers ? (En bien/mal)

 

Exemples types à ne pas reproduire :
  •  L’élu

–> Très très trèèèèèès utilisé dans la majeure partie des séries connues, ce cliché est tellement célèbre que n’importe quel spectateur sait d’avance le déroulement de la fin. Donc à manier avec finesse et modération.

  • Des tranches d’âge pas du tout adaptées

–> L’héroïne a connu la guerre dans les tranchées, parle couramment 7 langues depuis son enfance, a sorti 3 thèses scientifiques en moins de 24h… Et elle a 15 ans… Une jeune fille banale en soit.

  •  Ne pas prévoir les conséquences de certaines actions (et les résoudre d’un claquement de doigt)

–> Un lourd combat a dévasté une ville, ses habitants n’ont pas eu le temps d’évacuer et il ne faudrait pas que le héros soit pris pour un assassin ? Une solution miracle pour ressusciter les victimes vient d’apparaître !

 

Des fictions en exemple :
  •  Harold dans Dragons

–> Il est le seul à essayer de comprendre et de dresser un dragon de toute sa tribu (je vous avais dit qu’observer était important).

  •  Les X-men

–> Une partie minoritaire de la population sont dotés de pouvoirs extraordinaires (naturellement ou génétiquement modifiés) mais ils sont craints par la société, une majorité qui n’en possède pas.

  •  Katniss – Hunger Games

–> D’abord pour sa survie, elle joue selon les règles imposées par le Capitole pour ensuite tenter de le renverser pour libérer tous les districts.

 

On reconnaît facilement un personnage et son caractère avec de simples formes.
Le symbole

            Un personnage n’est pas juste un être humain auquel il va arriver plein de rebondissements dans la vie, il peut être le porte-parole d’une cause, refléter une opinion ou une communauté. Par exemple l’âge ou le sexe peut influer énormément sur la compréhension d’un message ou le brouiller dans certains cas.

 

Il n’est pas nécessaire d’avoir ABSOLUMENT une symbolique cachée, mais le choix de l’apparence de votre personnage touchera plus ou moins une certaine tranche d’âge. Si votre personnage est un adolescent, les ados s’y retrouveront plus facilement que des séniors, évidemment, le genre du récit joue aussi dans cette démarche.

 

Vous avez dû remarquer par exemple pour des pubs de voitures on va principalement cibler des adultes voire jeunes adultes, donc les acteurs seront dans la même tranche d’âge. Idem avec les jouets et les jeux, ce seront les enfants et les parents qui seront les cibles (l’heure de diffusion et les saisons jouent énormément dessus, juste un exemple au hasard : Noël).

 

Exemples types à ne pas reproduire :
  •  La symbolique est trop vague ou qui n’existe que dans la tête du créateur.

–> Souvent un petit défaut de conception, très vite réglé si vous demandez des critiques. Sinon certains auteurs s’en servent juste comme excuse pour faire parler de leur œuvre.

  •  Un symbole qui ne colle pas du tout avec l’intrigue

–> Par exemple, un révolutionnaire n’aura pas du tout le même impact qu’un collégien, chacun appartiendra soit à une catégorie de personnage (le meneur, le conseiller…) soit à un genre différent.

  •  Des clichés par pure paresse

–> Dans de vieilles séries ou même de nos jours, on retrouve de nombreux clichés pour qu’ils « remplissent » l’écran ou pour accomplir certaines tâches. Par exemple celui du geek qui va toucher à l’électronique ou le sportif qui sera un as du combat.

 

Des fictions en exemple :
  •  Steven Universe

–> Toute la série est une métaphore sur les relations sexuelles, ou non, et en parallèle on voit le personnage de Steven évoluer.

  •  Undertale

–> Un jeu qui joue sur les codes « de base » des jeux vidéo type RPG pour déterminer la fin en fonction des choix du joueur à savoir gagner de l’expérience ou non. (Je ne spoil pas plus)

  •  Il était une fois la vie

–> C’est une série pour les jeunes enfants sur l’apprentissage du corps humain où les personnages incarnent des fonctions spécifiques ; ce qui a conduit de nombreux enfants à croire que nous avions tous un Maestro pour diriger tout ce petit monde.

 

ACTION !

              Maintenant que nous savons à peu près comment se construit un personnage, il faut lui donner des interactions. C’est ce qui va permettre à ce dernier de devenir mémorable et d’étoffer le caractère qu’on lui a donné plus tôt.

Ce sont les moments où le spectateur voit ce que le personnage est capable d’accomplir ou non. J’en parlais plus tôt dans le caractère : les actions permettent de montrer une partie du vécu du personnage au lieu de le décrire. Les descriptions sont importantes pour découvrir un univers, mais moins pour les personnages, normalement c’est au lecteur d’assimiler les éléments liés au personnage.

C’est ce qui donnera de la vie à votre personnage, en dehors des punchlines que l’on a plus tendance à retenir. Une interaction donne beaucoup d’information à propos de vos personnages :

–> Sont-ils sociables ? Comment appréhendent-ils le monde extérieur ?
–> Quelles sont les relations entre les personnages ?
–> Ont-ils confiance en leur entourage ?

 

            Si votre héros a un tempérament plutôt fougueux, ses actions seront principalement physiques comme s’agiter, mettre beaucoup de force dans ses mouvements et dans son langage (Attention de ne pas le transformer en brute épaisse) alors qu’un héros plus calme se basera surtout sur la communication non-verbale, à savoir son attitude, ses gestes voire des dialogues avec lui-même (Ne pas le changer en un bout de bois non plus).

            Le vocabulaire et le registre de langue sont des signes distinctifs, que ce soit par rapport à l’âge, au savoir ou à la culture (religion, musique, social, etc…) et permettent aux spectateurs d’identifier par des tournures de phrases ou des mots clés qui est en train de parler et à qui.

            Il est important de faire des « pauses » pour les protagonistes, de les laisser en dehors de l’intrigue principale pour les faire parler. Ce sont dans ce genre de moments où, au lieu de faire des descriptions longues de 40 pages sur le passé ou les intentions de chacun d’entre eux, de glisser des opinions, des regards, des phrasés, du vocabulaire, etc… Cela montre que ces héros ne vivent pas QUE pour leur quête et qu’ils ont vécu AVANT que le lecteur n’ouvre le roman. C’est savoir donner du rythme et un style à son récit en quelque sorte.

 

 

Voilà quelques bases pour entamer vos prochaines écritures, j’espère ne pas avoir été trop floue sur certains points. Je rajoute des quelques références complémentaires pour le design des personnages. Si vous aussi vous avez des références ou des conseils à partager, n’hésitez pas !

Bonne séance d’écriture !

 

Travailler les expressions [ENG]

Utiliser des références correctement [ENG]

Qu’est-ce-qui fait un bon design pour un personnage ? [ENG]

Comprendre la composition d’une image [ENG]

Le choix et la signification des couleurs dans les films [ENG]

 

 

Crédits photo et vidéos dans l’ordre d’apparition

Dragon Age Inquisition – Bioware

Creation of Gollum – Nature video & Weta Digital

Emotion Wheel – Junto Institute

League of Legends (Pantheon) –  Riot Games

Template – moi-même

Ursula & Gaston concepts art – Walt Disney

Mad Max Fury Road

Vice Versa concept art – Walt Disney Pixar

Un commentaire sur “Quel est l’intérêt de créer un personnage ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *